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D'un château à l'autre

Le château des Blondes (actuelle Mairie)

Le château des BlondesAu 18ème siècle, Louis XV incite à la création de dépôts de mendicité recueillant les personnes déshéritées. Trois établissements sont ainsi constitués en Dauphiné, dont un à Grenoble. Or, la capacité d’accueil de ce dernier devient rapidement insuffisante. La manufacture de Sassenage est ainsi créée en 1772 par le docteur Antoine-Henri Ducoin. Elle s’installe tout d’abord dans le château de la famille Bérenger, alors inoccupé, puis les locaux devant être restitués, le fondateur fait édifier en 1786 l’imposante bâtisse désormais connue sous le nom de château des Blondes.
Cette institution, qui regroupe une maison de charité et une fabrique de dentelle de soie (une dentelle blanche ou noire, appréciée de Marie-Antoinette et appelée blonde), abrite alors plus de 300 jeunes ouvrières provenant de familles rurales défavorisées et du dépôt de mendicité de Grenoble. En 1791, privé de financements publics, l’établissement ferme ses portes.
Occupé depuis lors par divers propriétaires privés, puis par un centre d’apprentissage des métiers du bâtiment (de 1952 à 1971), l’édifice est entièrement réhabilité en 1988 pour devenir l’hôtel de ville. Du bâtiment principal il ne subsiste désormais que les façades.

Le Château de Sassenage

A 10 minutes à peine de Grenoble, le Château de Sassenage se dresse au pied de la masse imposante du Vercors, dans toute la pureté de son architecture classique.

Construit entre 1662 et 1669 par Charles Louis Alphonse de Sassenage, le château est la dernière des trois demeures édifiées par les puissants seigneurs de Sassenage.
Le Château de SassenageŒuvre de l’architecte valentinois Laurent Sommaire, il reflète l’art de vivre du Grand siècle où grandeur et somptuosité riment avec douceur et plaisir de vivre.
Tous les artisans ayant participé à la construction du château étaient des environs. Les matériaux proviennent de l’ancien château ou des environs. On retrouve le calcaire blanc de Sassenage pour les chaînages d’angle et l’encadrement des croisées, la pierre de molasse est utilisée pour l’intérieur. Les forêts du Vercors, appartenance de la famille Bérenger, fournissent charpentes et planchers. L’ardoise provient de Besse-en-Oisans et les tuiles d’une fabrique de Saint-Quentin en Isère. Un panneau sculpté représente Mélusine, ainsi que les blasons et armes des familles de Sassenage et Bérenger.
Peu habité dans la mesure où la famille de Sassenage réside la plupart du temps à Versailles, où elle occupe de hautes fonctions civiles et militaires, le château a conservé l’essentiel de ses décors d’origine.
La cuisine voûtéeL’intérieur révèle ainsi de nombreux éléments des 17ème et 18ème siècles, tels que le grand escalier d’honneur à balustres et arcades de pierre, la cuisine voûtée organisée autour d’une monumentale cheminée, ou encore les parquets polychromes et le mobilier portant l’estampille des ébénistes Hache.
Ile du domaineLes premiers jardins, antérieurs au château actuel, auraient été créés à la fin de la Renaissance autour de l’ancienne demeure de la famille de Sassenage. Ils possèdent alors toutes les caractéristiques des jardins italiens : labyrinthes de buis, grotte, statues en plomb, jeux d’eau.
Avec le château actuel vient la mode du jardin régulier, dit à la française. Celui de Sassenage est l’un des plus grands du Dauphiné. A la fin du 18ème siècle, le marquis fait aménager un jardin anglais aux allées sinueuses. Au 19ème siècle, celui-ci est agrandi à l’ensemble du parc pour former une succession de tableaux paysagers et dégager des perspectives sur le Vercors et la Chartreuse. La plantation de près de 3000 arbres et arbustes en 1853 compose ainsi la trame du jardin paysager actuel.
Certaines dépendances du château de Sassenage disposent d’un accès direct aménagé dans le mur d’enceinte du parc. La chaussée de la rue du Plaçage ayant été surélevée à plusieurs reprises, ces ouvertures ont dû être condamnées. L’entrée destinée aux carrosses se distingue encore nettement, surmontée d’un fronton triangulaire.
Château de Sassenage
Téléphone : 04 38 02 12 04
Télécopie : 04 38 02 09 43

Le château de Beaurevoir

Le Château de BeaurevoirSurplombant Sassenage avec majesté, le château de Beaurevoir paraît tout droit sorti d’un conte de fées. L’intrigue qu’il suscite est d’autant plus tenace que son « secret » est inaccessible aux curieux — c’est une propriété privée — et qu’il a par ailleurs été construit par un personnage hors du commun, Alphonse Terray, riche industriel ayant réussi dans la ganterie à Grenoble.
Une tour du château de BeaurevoirConstruite sur une propriété de 25 hectares, d’architecture baroque flamboyante, cette demeure et un « château à la campagne ». Il est bâti dans les toutes dernières années du 19ème siècle par les architectes Chatrousse et Ricoud, avec des pierres récupérées de l’ancien château féodal du 12ème siècle (château primitif) dont il reste encore quelques petites ruines dans le parc.
Ce dernier, d’esprit romantique, fait abondamment appel au ciment moulé. Travaillé sur une armature métallique, ce matériau imite à s’y méprendre, tantôt la pierre sculptée (à l’instar des grandes vases néo-classiques), tantôt le bois quand il se fait garde-corps et passerelles du belvédère sur le Furon. Et le parc du château, remarquable, reflète en outre admirablement les capacités imitatives du ciment.
Le château, propriété d’Alphonse Terray jusqu’en 1914, passe ensuite aux mains d’André Papet pour trois ans, puis de Paul Corbin, ingénieur en explosif. Il est ensuite acheté par la SNCF en 1948, et est aujourd’hui la propriété d’un particulier.